Calcul retraite : pour quoi faire ?

Le calcul retraite ne veut rien dire si on ne l’inscrit pas dans la démarche globale liée à son départ en retraite.

Votre démarche de calcul retraite revient à vous poser 2 questions :

  1. Réaliser un calcul pour quelle finalité ?
  2.  Un calcul à quel âge ?

Estimation ou calcul ? Sa précision dépendra de l’âge auquel vous le réaliserez : n’oubliez pas que l’estimation de votre retraite avant 58 ans est un calcul dont les résultats peuvent varier car nous sommes dans un contexte de réformes permanentes. Depuis les années 1980, l’essentiel des réformes porte sur l’âge de retraite et la durée de cotisation, donc attendez vous soit à cotiser plus longtemps (le plus défavorable) soit à partir plus tard car l’âge légal sera reculé. Pour bien comprendre la notion d’âge de retraite, je vous invite à aller sur cette page, ou regarder cette vidéo.

Faire le calcul de sa retraite à 40 ans ne sera qu’une estimation, une approche globale et lointaine de ce que sera exactement votre pension finale. Pourquoi ?

A la quarantaine, il est difficile de savoir quels vont être les revenus d’activités pour les 20 prochaines années. On parle plus d’estimation retraite que de calcul. Votre objectif est probablement d’obtenir un aperçu de vos revenus futurs pour estimer le montant à épargner pour augmenter votre retraite. 1ère question à vous poser : comment puis je améliorer ma retraite par répartition ? réponse simple: comme vous ne pouvez pas jouer sur le montant des cotisations (sauf a définir votre salaire), la première méthode d’amélioration de sa retraite sans effort d’épargne est le rachat. pour cela allez à votre rubrique rachats et versements pour la retraite.

A la cinquantaine, certains se disent qu’il est trop tard pour estimer sa retraite en vue de cotiser à une retraite supplémentaire. Pourtant il n’est « presque pas » trop tard, si vous êtes actif et comptez le rester, il vous reste au minimum 12 ans à cotiser, cela permet de se constituer un capital suffisant qui pourra être transformé en rente. Le problème, cela dépend de votre employeur et les taux faibles ne permettent pas d’augmenter réellement votre pension, on peut dire que c’est un plus mais pas vraiment radical. Là encore, posez vous la question du rachat ou VPLR

à 60 ans les choses sérieuses commencent et le calcul sera d’autant plus précis que vous aurez correctement reconstitué votre carrière auprès de tous les organismes qui ont pu récolter des cotisations sur votre NIR ( N° de Sécurité Sociale).

Le calcul retraite dépend de plusieurs éléments.

Selon le cas, le calcul du montant de sa retraite tiendra compte d’un grand nombre de facteurs : les années travaillées , les bonifications, la valeur des trimestres l’année de l’ouverture de vos droits , la validation ou non de service des agents non titulaires ( pour aller plus loin  sur la validation de trimestres en 2017), la possibilité de surcotiser en cas de travail à temps partiel, les périodes prises en compte gratuitement, la durée d’assurance, le rachat d’années d’études, etc. Par ailleurs il est à savoir que le mode de calcul et certains éléments entre autres la valeur des points ou la nouvelle bonification indiciaire peuvent changer suivant les nouvelles réglementations.

Après ces réflexions permettant un approche globale du calcul de votre retraite, place à la pratique avec ci dessous les règles théoriques de calcul retraite régimes par régimes.

Calcul retraite des salariés cadres et non cadres

Le calcul de la retraite de base : CNAV Caisse nationale d’assurance Vieillesse.

Pour connaître son salaire annuel moyen de base (SAMB), il convient de calculer la moyenne des salaires annuels en prenant en compte les vingt-cinq meilleures années.

 Attention cependant aux personnes nées avant l’année 1984, ce chiffre de vingt-cinq années peut en effet varier en fonction de votre date de naissance.

Année de naissance   Nombre d’années à prendre en compte pour le salaire annuel moyen
1944   21
1945   22
1946   23
1947   24
1948 et après   25

Pour calculer votre salaire annuel moyen, vos différentes caisses de retraites ne prendrons pas en compte votre salaire tel qu’il est inscrit sur votre fiche de paie. En effet, les salaires sont revalorisés chaque année en tenant compte de l’évolution des prix. Donc vos salaires mentionnés sur votre relevé de carrière ne correspondent pas à vos salaires réellement perçus pendant vos activités professionnelles.

Attention toutefois car les salaires retenus ne le sont qu’à hauteur du plafond (défini chaque année) de la sécurité sociale. Si le montant annuel de votre salaire dépasse ce plafond, la partie au-dessus du plafond ne sera pas prise en compte. Ceci est valable pour tous les salaires enregistrés par la CNAV.

Le montant de la retraite de base à taux plein est ensuite égal à 50% de ce salaire annuel moyen, il existe toutefois un montant minimum appelé minimum contributif qui sera revalorisé chaque année en tenant compte de l’évolution de l’indice des prix.

Pour obtenir cette retraite de bases à taux plein, il faut remplir deux conditions. La première étant d’atteindre votre âge légal de départ à la retraite et la seconde étant de réunir le nombre suffisant de trimestres cotisés.

Ce montant pourra en revanche être réduit si vous n’avez pas cotisé le nombre suffisant de trimestres. Ou au contraire, elle pourra être augmentée si vous avez validé plus de trimestres que le nombre requis.

Calcul retraite : la retraite de base :

Montant de la pension = Traitement indiciaire de base x Taux de liquidation x Coefficient de minoration ou de majoration

La date d’ouverture des droits conditionne différents éléments de calcul de la retraite : le nombre de trimestres nécessaires pour bénéficier d’une pension à taux plein ainsi que les conditions de décote éventuelle. Cette date d’ouverture des droits est définie comme l’année au cours de laquelle sont remplies toutes les conditions pour bénéficier d’une pension, même si vous ne partez pas à la retraite.
Le traitement indiciaire de base est le traitement indiciaire du dernier emploi, grade, classe et échelon effectivement détenus depuis six mois au moment de la cessation des services valables pour la retraite.

Le taux de liquidation est proportionnel à la durée de services et de bonifications dans la limite de 75%. Il peut être porté à 80% en raison d’un certain nombre de bonifications.

Decote et surcote :

La durée d’assurance tous régimes est formée par le total de la durée des services et bonifications pris en compte dans le calcul de la pension civile ou militaire et des durées d’assurance dans les autres régimes de retraite de base obligatoires (régime général de sécurité sociale, régime de la caisse de retraite des marins, régimes des artisans, etc.).

Lorsque la durée d’assurance « tous régimes » est supérieure à la durée requise pour obtenir une pension au taux maximal de 75% l’année d’ouverture du droit, chaque trimestre de services supplémentaires effectué après le 1er janvier 2004 et au-delà de 60 ans donne droit à une majoration de montant de votre pension (0,75% par trimestre supplémentaire effectué à compter du 31 décembre 2008 et 1,25% par trimestre supplémentaire effectué à compter du 1er janvier 2009, dans la limite de 20 trimestres).
Lorsque la durée d’assurance est inférieure au nombre de trimestres nécessaires pour obtenir le pourcentage maximum de pension en vigueur l’année d’ouverture du droit (162 trimestres pour une ouverture des droits en 2010), un coefficient de minoration de 0,625% en 2010, 0,75% en 2011, 0,875% en 2012, 1% en 2013, 1,125% en 2014 et 1,25% à partir de 2015 par trimestre manquant est appliqué au montant de la pension, dans la limite de 20 trimestres.

Votre pension ne peut être inférieure à un montant minimum prévu par l’article L.17 du Code des Pensions Civiles et Militaires.
Le montant varie en fonction du nombre de trimestres pris en compte par le régime des fonctionnaires.
De la même manière, une pension maximale est déterminée et représente 75% du dernier traitement retenu pour le calcul de la pension. Ce pourcentage peut aller jusqu’à 80% en cas de prise en compte de certaines bonifications.

Il existe des possibilités de cumul emploi/retraite. Ainsi, cette possibilité est ouverte sans limitation en cas de cumul de la retraite avec une activité dans le secteur privé ou auprès de certains organismes publics à caractère industriel ou commercial (ex : La Poste, France Telecom, EDF, GDF, …) et limité à un certain montant, en cas de cumul de la retraite avec une activité auprès de certains employeurs publics (ex : une administration de l’Etat, une collectivité territoriale, un établissement public ne présentant pas le caractère industriel ou commercial, un établissement de la Fonction publique hospitalière), sauf dans certaines situations d’âge, de durée de services ou de retraite …

La pension de retraite est imposable et soumise à cotisation : 6,6% ou 3,8% pour la CSG et O, 5% pour la CRDS.

Calcul retraite : la retraite complémentaire

Pour une activité salariée, s’ajoute à la retraite de base, une retraite complémentaire ARRCO pour les non cadres et cadres, et AGIRC pour les cadres uniquement. Le montant de cette retraite complémentaire est calculé sous forme de points. Ces points correspondent à des cotisations que votre employeur et vous même  versez pendant vos différentes activités salariées.

En cas de maladie, chômage, invalidité, vous continuez à percevoir des points sur votre compte.

Ces points de retraite ont une valeur qui varie chaque années en fonction de l’évolution des prix et de l’inflation. Le montant de la retraite ou des retraites complémentaires à laquelle vous pouvez prétendre s’obtient donc en multipliant le nombre de points que vous avez accumulés par la valeur de ces points au moment où réalisez votre départ à la retraite.

attention ! Ces montants sont bruts et vos pensions sont soumises à cotisations maladie et CSG + CRDS réoresentant un taux total de 8,25%.

Calcul retraite : la formule d’attribution des points de retraite complémentaire cadres et non cadres

Des tranches de cotisation :

Le salaire brut est partagé en plusieurs tranches ayant chacune un taux de cotisation spécifique. Ces tranches sont définies de la façon suivante :

 

ARRCO :

Première tranche Deuxième tranche
Limites Jusqu’à une fois le plafond de la Sécurité sociale Entre une et trois fois le plafond de la Sécurité sociale
Mensuel  Entre 0€ et 3 218€ Entre 3 218€ et 9 654€
Annuel Entre 0€ et 38 616€ Entre 38 616€ et 115 848€

 

AGIRC :

Troisième tranche Quatrième tranche
Limites Entre une et quatre fois le plafond de la Sécurité sociale Entre quatre et huit fois le plafond de la Sécurité sociale
Mensuel  Entre 3 218€  et 12 872€ Entre 12 872€ et 25 744€
Annuel Entre 38 616€  et 154 464€ Entre 154 464€ et 308 928€

 

Le taux d’acquisition des points AGIRC et ARRCO est ensuite défini de la façon suivante :

 

     Taux d’acquisition de points     

ARRCO

Tranche 1

6,20 %

Tranche 2

16,20 %

AGIRC

Tranche B

16,44 %

Tranche C

16,44 %

 

Prix d’achats des points AGIRC et ARRCO :

En 2016, le prix d’achat du point AGIRC est de 5,4455€ et le prix d’achat du point ARRCO est de 15,6556€.

Le calcul du nombre de points cotisés :

Pour calculer le nombre de points cotisés il faut donc multiplier le salaire brut par tranche avec le taux de cotisation par tranche et diviser le tout par le prix d’achat des points.

Les éléments à prendre en compte pour le calcul retraite du fonctionnaire

Pour bénéficier d’un droit à retraite, la durée minimale d’assurance est de 60 trimestres, et pour une retraite à taux plein de 75%, il faut cotiser au minimum 162 trimestres auprès du régime des fonctionnaires en 2010. En cas de départ en retraite après l’âge du taux plein, la retraite est majorée (surcote) de 0,75% par trimestre de services supplémentaires effectué jusqu’au 31 décembre 2008 et de 1,25% par trimestre de services supplémentaires effectué à compter du 1er janvier 2009.

Dans le calcul retraite, sont prises en compte des périodes autres que celles d’exercice des fonctions.
Ainsi, les services militaires, les services accomplis en qualité de fonctionnaire titulaire ou stagiaire et, lorsqu’ils ont fait l’objet d’une validation, les services de non-titulaire (auxiliaire, temporaire, contractuel) :

  • Dans une administration de l’Etat ou un établissement public de l’Etat à caractère administratif ;
  • Dans les emplois de la fonction publique territoriale ou de la fonction publique hospitalière relevant de la CNRACL ;
  • Dans les établissements industriels de l’Etat relevant du FSPOEIE ;
  • Dans les cadres locaux permanents des administrations territoriales d’outre-mer et de leurs établissements publics ;
  • Dans certaines administrations de l’Algérie (antérieurement à son indépendance) et des anciens territoires d’outre-mer, anciens protectorats et territoires sous tutelle, et pour certaines catégories de personnels.

Aussi, les interruptions d’activité pour les enfants nés ou adoptés après le 1er janvier 2004 sont prises en compte gratuitement dans le calcul de la durée de services effectifs.

Les bonifications :

Les bonifications sont des périodes fictives de service qui s’ajoutent aux années de services dans le cadre du calcul retraite. Les principales bonifications sont celles accordées :

  • Pour les enfants : elle est d’un an par enfant né avant le 1er janvier 2004, sous réserve que le fonctionnaire ait interrompu son activité ;
  • Au titre des services militaires (bénéfices de campagne, bonification du cinquième, etc.) ;
  • Aux fonctionnaires qui ont accompli des services hors d’Europe.

Ces bonifications permettent de porter à 80% au lieu de 75% le pourcentage maximum de la pension.

Les majorations :

Vous pouvez bénéficier d’une majoration de votre pension lorsque vous avez élevé au moins trois enfants. Ainsi, vous avez droit à une majoration de 10% du montant de votre pension et de 5% par enfant à partir du quatrième (ex : pour 5 enfants, la majoration est de 20%). La majoration pour enfants est calculée sur la base du minimum garanti lorsque celui-ci est attribué. Cette majoration est offerte au fonctionnaire ou le militaire retraité. Si le père et la mère des enfants sont tous deux fonctionnaires, ils peuvent en bénéficier personnellement tous les deux.

Pour cela, les enfants, à l’exception de ceux décédés par faits de guerre, doivent avoir été élevés pendant au moins neuf ans avant leur 16ème anniversaire ou avant l’âge où ils ont cessé de donner droit aux prestations familiales.
La majoration est accordée lorsque le troisième enfant, élevé pendant au moins neuf ans, a atteint l’âge de 16 ans. De même, les suppléments de 5% par enfant sont dus lorsque l’enfant a atteint l’âge de 16 ans. Lorsque la condition de neuf ans est satisfaite après le 16ème anniversaire, le droit à majoration est acquis dès que cette condition est remplie.

Rachat d’années :

Par ailleurs, les périodes d’études accomplies dans un établissement d’enseignement supérieur ou une école technique supérieure (dans ce cas, l’admission dans les grandes écoles et classes préparatoires est assimilée à l’obtention d’un diplôme) et qui ont donné lieu à l’obtention d’un diplôme, peuvent être rachetées partiellement ou totalement dans la limite de trois années et donc prises en compte dans le calcul de votre retraite.

Les périodes de chômage :

Cliquez ici pour visionner les autres vidéos de EOR Consultants, le cabinet spécialisé dans l’expertise et le calcul retraite. Basé à Paris depuis près de 20 ans, EOR a accompagné de nombreux assurés dans leur départ à la retraite.


Si vous désirez plus d’informations concernant le calcul retraite ou tout autre aspect de votre retraite, n’hésitez pas à prendre contact avec nous en cliquant simplement ici ou bien à nous rendre visite au 36 rue de Laborde, à Paris dans le huitième arrondissement.

Ces articles pourraient vous intéresser