Où en est-on du débat sur la réforme des retraites ?
Dans un débat troublé par la publicité faite autour des retraites du fait de la reforme prochaine, se succèdent fausses vérités et fausses bonnes idées qui alimentent les conversations: avons nous les moyens et le recul nécessaire pour comprendre les arguments développés par l'ensemble des parties au débat?
Souvenons nous du fameux livre Blanc de Michel Rocard dans les années 90: on prévoyait alors un déficit de l'ordre de 10 milliards de francs pour les années 2010. le chiffre de 10 milliards est juste, sauf qu'entre temps les Francs sont devenus des €uros, c’est donc 6,55 fois plus important. Aujourd'hui le COR (conseil d'orientation des retraites) projette des déséquilibres de l'ordre de 50 à 100 milliards d'euros dans les 40 prochaines années. C'est certainement vrai et peut être même optimiste car basé sur des chiffres de croissance et niveaux d’emplois que l’on voit aux USA (et non chez nous depuis fort longtemps), pourtant, à entendre les syndicats et certains politiques, ces chiffres seraient exagérés.. l'expérience Rocard déjà oubliée, a t elle seulement été connue?
Quelques points me surprennent à mesure que le temps passe et le débat avance:
Je cite le texte d'orientation de la reforme 2010 sorti hier soir le 16/05:
Cette réforme des retraites que nous devons construire aujourd’hui ne saurait se réduire à une réforme de paramètres : c’est une réforme de société.
Une société dans laquelle l’égoïsme entre les générations n’a pas sa place.
Une société dans laquelle les Français retrouvent la confiance dans leur système de retraite.
Une société dans laquelle l’effort est réparti de manière équitable.
Une société dans laquelle l’âge est repensé pour que les seniors retrouvent toute leur place
dans le monde du travail.
Il est assez étonnant de lire cet énoncé: on nous parle d’équité et de solidarité 30 ans après avoir introduit des règles destructrices au nom du progrès social (la retraite à 60 ans pour les soixante huitards), la génération des trentenaires / quadras / quinquas est condamnée: allongement de la durée de cotisations, hausse des charges portant sur leur salaires, modes de calculs des pensions défavorables..en d'autre termes: plus longtemps, plus cher et moins intéressant.
Mais cette génération est muette car elle n'est pas représentée par les politiques de sa génération: en effet, ils dépendent de régimes de retraite et de privilèges sur lesquels il convient de rester discret pour ne pas les perdre, les condamnant ainsi au silence. Donc les plus concernés par cette reforme sont paradoxalement les plus silencieux et ne disposent pas des relais nécessaires au sein du gouvernement et des politiques: la classe sociale d'ultra privilégiés censée les représenter décide des reformes à sa place.
Je finirai pour illustrer mes propos par ce dernier point: Journal de France 2 le 17 Mai: Les retraités ont un pouvoir d’achat 20% supérieur à celui des actifs. Après avoir mieux gagné leur vie (on payait moins de charge il y a 20/30 ans), voilà que l’on découvre qu’ils ont une meilleure retraite. Pour être complet, cette génération d’enfants gâtés laisse un pays endetté, mais bien sûr on ne peut pas lui dire aujourd’hui: la reforme des retraites c’est un équivalent SMIC pour tout le monde (égalité non?) et le reste, c’est pour le pouvoir d’achat des actifs, les générations futures et le remboursements de vos dettes.
Il est beau de rêver par les temps qui courent, voilà pourquoi semaine prochaine je reviens avec mon idée de réforme: un droit à pension pour tous comme certaines retraites de la fonction publique: tous les 20 ans.