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Stages pendant les études : 2 trimestres de retraite à 481 € que votre enfant peut encore racheter avant 30 ans

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Vous êtes jeune, comment anticiper votre retraite ?
Publié le : 29 octobre 2026

Votre fille a enchaîné les stages pendant son master, votre fils a passé six mois en entreprise pour valider son école d’ingénieur ? Vous vous dites sans doute que ces mois-là ne comptent pour rien côté retraite. Et vous avez raison… à moitié. Un stage sous convention ne génère aucun trimestre tout seul. Mais il existe un petit dispositif, prévu par l’article L351-17 du Code de la sécurité sociale, qui permet de les faire compter pour un prix fixe et modeste. Et au cabinet, je vous le dis franchement : presque personne ne le connaît.

Ce que dit la règle, en clair

Le principe est simple : un ancien étudiant peut verser des cotisations au régime général pour que ses périodes de stage soient prises en compte pour sa retraite, dans la limite de deux trimestres au total. Pas un de plus, quel que soit le nombre de stages effectués.

Pour qu’une période de stage soit éligible, plusieurs conditions doivent être réunies (elles sont fixées par l’article D351-16 du Code de la sécurité sociale et rappelées par service-public.fr) :

  1. le stage doit avoir été fait dans le cadre d’études supérieures, avec une convention de stage signée entre l’école, l’organisme d’accueil et l’étudiant ;
  2. il doit avoir commencé après la mi-mars 2015, date d’entrée en vigueur du dispositif ;
  3. il doit avoir donné lieu au versement d’une gratification (la fameuse « indemnité de stage ») ;
  4. il doit avoir duré au moins deux mois dans le même organisme, d’affilée ou en plusieurs morceaux sur une même année scolaire ou universitaire.

Les stages faits sous contrat de travail ne sont pas concernés : ils ont déjà donné lieu à des cotisations, donc à des trimestres, en temps normal.

Combien ça coûte vraiment ?

C’est là que ça devient intéressant. Le prix n’est pas calculé selon un barème compliqué : il est fixé à 12 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale en vigueur au 1er janvier de l’année où vous faites la demande. Concrètement, service-public.fr indique un montant de 481 € par trimestre en 2026.

Et ce n’est pas tout : les sommes versées sont déductibles du revenu imposable, et le paiement peut être étalé en mensualités égales sur un an ou deux ans. Pour un jeune actif qui démarre dans la vie, ça change tout.

Un exemple concret

Prenons Léa, née en 2001. Pendant son master, elle a fait un stage gratifié de six mois dans un cabinet comptable en 2025, puis un stage gratifié de quatre mois dans une collectivité en 2026. Chacun dépasse largement les deux mois dans le même organisme : elle peut donc faire valider le maximum, soit deux trimestres.

Si elle dépose sa demande en 2026, la facture sera de 2 x 481 €, soit 962 €, éventuellement payés en 24 mensualités d’environ 40 €. Et elle a jusqu’au 31 décembre 2031 (l’année de ses 30 ans) pour le faire. Attention toutefois : le tarif suit le plafond de la Sécurité sociale, qui est revu chaque année, donc attendre ne fait en général pas baisser le prix.

À quoi servent ces deux trimestres ?

Attention : ce n’est pas un rachat « magique ». Selon service-public.fr, les trimestres de stage servent uniquement au calcul du taux de la pension, c’est-à-dire à limiter la décote si votre enfant part un jour sans avoir tous ses trimestres. Ils ne sont pas ajoutés au nombre de trimestres d’assurance qui sert à calculer le montant de la retraite au prorata.

Alors, est-ce que ça vaut le coup ? Pour un jeune de 25 ans, personne ne peut dire aujourd’hui s’il lui manquera un ou deux trimestres dans 40 ans. Mais l’expérience du cabinet est sans appel : nombre de nos clients arrivent à 60 ans avec une carrière trouée (études longues, expatriation, période de chômage non indemnisée, années à l’étranger…) et paient alors une décote à vie pour un ou deux trimestres manquants. À moins de 500 € le trimestre, c’est une petite assurance qui peut rapporter gros.

Attention aussi à un détail : les trimestres de stage ainsi validés viennent en déduction des trimestres que votre enfant pourra racheter plus tard au titre de ses années d’études. Ils ne s’ajoutent pas, ils prennent la place des premiers. Si votre enfant envisage un jour de racheter aussi ses années d’études, l’arbitrage mérite d’être chiffré en connaissance de cause (c’est typiquement le genre de calcul que nous faisons au cabinet).

Comment faire la demande ?

La démarche se fait auprès de l’Assurance retraite : soit avec le formulaire de demande d’évaluation de rachat de trimestres pour les périodes de stage (disponible sur service-public.fr), soit directement en ligne depuis l’espace personnel sur lassuranceretraite.fr. Il faut joindre une pièce d’identité, la convention de stage et l’attestation de stage pour chaque période (d’où l’intérêt de garder précieusement ces papiers !).

La caisse a deux mois pour répondre. Attention : l’absence de réponse vaut refus. Si au bout de deux mois vous n’avez rien, il faut relancer, pas attendre. En cas d’accord, la caisse indique le montant exact à payer et l’échéancier.

Petite précision enfin : si l’étudiant avait aussi travaillé à côté et validé déjà quatre trimestres dans l’année, les trimestres en trop lui seront remboursés sur demande, puisqu’on ne peut jamais valider plus de quatre trimestres par an.

Et pour vous, parents ou grands-parents ?

Ce dispositif ne vous concerne pas directement, mais c’est exactement le genre d’information qu’on aimerait avoir reçue à 25 ans. Parlez-en à vos enfants et petits-enfants qui sortent d’études : ils ont jusqu’à leurs 30 ans, la démarche peut se faire en ligne, et c’est probablement l’un des rares coups de pouce retraite à prix fixe. Et si vous voulez faire le point sur votre propre carrière, ou sur celle d’un proche, n’hésitez pas à nous contacter : c’est notre métier depuis plus de 25 ans.

Vous avez des questions ?

  • Votre enfant a-t-il fait des stages gratifiés pendant ses études ?
  • Ses stages remplissent-ils bien la condition des deux mois ?
  • Faut-il racheter ses trimestres de stage maintenant ou plus tard ?
  • Vaut-il mieux un rachat de stage ou un rachat d’années d’études ?
  • Combien de décote ces deux trimestres peuvent-ils éviter ?
  • La caisse n’a pas répondu en deux mois : comment contester le refus ?
  • Votre propre carrière comporte-t-elle des trimestres manquants ?

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